Transcender les matières oubliées | Lamarre & Drapeau

24 septembre au 30 novembre 2026
Cécile Lamarre & Michel Drapeau

À propos de l’exposition

Les œuvres de Michel Drapeau puisent leur inspiration dans l’intérieur de l’arbre, son cœur et ses blessures, tandis que celles de Cécile Lamarre sont façonnées à partir de ce qui l’entoure et de ce qui en découle après transformation : les épines, le papier et les branches.

Même si Michel travaille largement avec les loupes et les excroissances des arbres pour créer ses œuvres, l’essence de l’exposition est née de l’espoir, du désir de créer et de réutiliser les éléments, même lorsqu’ils sont imparfaits, menacés par les feux de forêt ou marqués par les agressions du monde extérieur.

L’exposition fait écho à notre identité profondément ancrée en Abitibi‑Ouest, à nos valeurs et à cette réalité des régions éloignées où il faut souvent faire beaucoup avec peu. Elle est un symbole d’espoir, de résilience et de solidité. Elle témoigne également de la reconnaissance envers nos artistes établis et reflète cette nouvelle étape du Centre d’art.

Michel Drapeau

Mon exposition se veut une synthèse de ma vie artistique et personnelle.
La vie passe, les étapes qui se trouvent sur notre chemin, amènent le corps et l’esprit à se transformer.

La même transformation se produit dans nos forêts. Le temps et la maladie s’attaquant à nos arbres sont visibles et se transforment en altérations et en virus d’où le titre de l’exposition : Transcendance des matières oubliées.

Loupes (excroissance) : La présence de virus affecte l’arbre, par une excroissance, que nous pouvons apercevoir sous forme de bosse sur le tronc de l’arbre. En tournant ces loupes, on découvre de quelles façons les virus ont attaqué l’intérieur même du bois et ont donné à l’âge de ce bois une nouvelle structure. Ces nouvelles structures intérieures donnent de superbes nuances de couleurs. Malgré ces virus, l’arbre peut continuer de croître.

Altérations : Le bois subissant les contrecoups de la température, comme la pluie, la neige et l’ensoleillement. De là apparaissent le noircissement et la dégradation du bois et la présence de minuscules vers et insectes qui se nourrissent et, par le fait même, de façon inconsciente, participent à la dégradation du bois.

Natif de La Sarre, Michel Drapeau découvre très jeune le travail du bois par la pyrogravure. Dans la vingtaine, il s’initie à la sculpture sur bois, une pratique qu’il développera pendant plusieurs décennies. Au début des années 2000, il découvre le tournage sur bois et se passionne pour la richesse des essences et des formes qu’offre ce matériau. Aujourd’hui encore, il poursuit cette exploration avec le même enthousiasme et la même curiosité.

Cécile Lamarre

Mon projet s’inscrit dans la continuité de mes travaux antérieurs, soit prendre position et dénoncer une réalité sociétale toujours interprétée sous une dimension féminine. Ce projet est le résultat d’observations s’étalant sur les 2 ans de confinement pandémique, et sur une prise de conscience de la destruction graduelle des forêts par les effets de l’envahissement commercial et des nouvelles conditions climatiques.

Dans ce projet d’exposition, je récupère et transforme les résidus de l’arbre : épines de pin, papier récupéré, et cônes deviennent robes, vestes, banderoles et vases.

Les œuvres de l’exposition font émerger des figures inattendues de matériaux improbables, fragiles et uniquement récupérés ayant un statut éphémère, puisque leurs composantes sont périssables ; ceci suscite une réflexion sur la fragilisation de l’état actuel de notre milieu naturel. Je fais le pont entre art et récupération : l’un au service de l’autre. L’utilisation de l’installation en étant simultanément spatialisante et picturale atteint plus facilement le spectateur : la distance entre le public et l’œuvre est abolie ; c’est ma façon de rappeler aux spectateurs la fragilité de notre écosystème.

Résidente permanente à La Sarre en Abitibi-Ouest, Cécile Lamarre est une artiste multidisciplinaire. Sa pratique témoigne de son intérêt à développer de nouvelles techniques, à utiliser de nouveaux médiums pour les intégrer par la suite dans son processus créatif. Ses œuvres en témoignent et prennent la forme soit de tableaux ou d’installations.

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